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ROUGE ROUGE - "Ce soir, après dîner"


Il aime aussi payer de sa personne lors de feauturing choisis : il sifflote chez Air, imite à s'y méprendre l'Ondioline sur les disques d'un des pionniers de l'électro, Jean-Jaques Perrey.

De l'autre côté du rouge, il y a le compositeur, le musicien dans les faits et gestes, l'interprète sans limites de marches harmoniques; Nicolas Errera.
Sa discographie pourrait bien représenter, vu de la tranche, 90cm d'une étagère de votre discothèque : de Grand Popo Football Club, en passant par Cravate Club, quand il ne fait pas chanter Michel Serrault pour la B.O. de "Le Papillon"...

Son essence musicale s'est développée au conservatoire de Paris, où il a appris le piano et l'harmonie. Faut-il y voir un rapport de cause à effet? Il écoute tous les soirs Glenn Gould jouer les variations Goldberg de Bach, afin de parvenir à s'endormir.

Ceci posé, en matière de musique, il aime un peu tout; du classique, en passant par les musiques de films, à l'électro. "A l'exception du jazz rock, et de ses interminables tricotages", précise-t-il. On n'en attendait pas moins de lui.

Point commun : dans la boîte cranienne de ces enfants de Saint Germain des Prés, sommeille un gentil désespoir, soigné à l'aide de rythmes cadencés. La répétition envoûtante de la musique électronique les soustrait à la dépression au-dessus du jardin. "Car à l'intérieur de la répétition, il y a la syncope, ce que les Anglo-Saxons nomment le groove".

Entre le DJ et le compositeur, une poignée de main survenue un 31 décembre a tout déclenché. Ensemble, ils ont décidé de créer une musique gaie, piquante, fantaisiste, féerique et stylée. La collection de Jean Croc a donné l'impulsion créatrice à Nicolas. "Les samples donnent une humeur à la chanson, une direction musicale. A partir de là, je commence à les désarticuler, et à composer". Au final, un receuil de 12 "haïkus musicaux", format hybride de chansons aux apparences minimales. "Il y a des couplets instrumentaux et des refrains chantés, des points de suspension, jamais de conclusion..."

Dans cette approche musiqcale, jamais d'ostentation, de débauche d'effets de voix ou de sentiments : là où l'érudition classique de Nicolas l'incite à développer, où sa passion pour Morricone et John Barry le pousse à s'élancer, il joue la retenue et brouille les pistes. Du coup il est quasiment impossible de retrouver les thèmes d'origine. Jean-Paul Sèvres (framaturge) magnifié dans "Tricoter" et Philippe Sarde (l'homme aux 120 musiques de film) totalement revisité dans "La malle".

D'autres voix, noncalantes et sensuelles, (Peggy Heronneau, Katy Breitman, Paula Teisser, Marc Thomas) ont permis de libérer la sensibilité féminine qui sommeille dans le psyché de Nicolas Errera et Jean Croc. "L'idée conductrice de l'album, qui s'est dessinée petit à petit, était de faire parler le sentiment amoureux, de la femme s'adressant à l'homme. Ce qui ouvre des perspectives beaucoup plus larges que l'inverse".

L'amour, l'amour, l'amour...


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